Paul Bénéteau

 

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Toute rature est définitive, telles sont les conditions.

La machine à écrire est un outil que j'apprécie, une mécanique inspiratrice qui remplit mes carnets de notes éparses. Ci-gît l'image enfouie sous les mots. Mes brouillons lyriques donnent naissance à des images éthyliques. Ces dernières sont semblables à des bouteilles d'alcool vides, bouteilles dans lesquelles je murmure les amours, j'y scelle l'amertume et les peines, y enferme mes femmes, brioches ou laitières. Lancer ensuite la bouteille à la mer, navire mélancolique, et laisser le soin aux lecteurs d'enlever le bouchon. Il faut crier pour être vu, il faut écrire pour être lu. Hurler l'Amour mort, discrètement, avec pudeur, cendres emprisonnés dans le sablier, l'Amour poussière, inertie perpétuelle, ressasser. La douleur ne passe pas, elle repasse. Ma montre peut retarder, je ne suis pas pressé. Je m'accorde le luxe du temps dans un monde en vitesse. Je crée des tableaux animés, léthargiques, dans lesquels s'incarcèrent mes préoccupations, tel le sable dans le verre.
Aux arts spectateurs. L'image est sans issue, la fuite est sans filets. Taquinez la loupiotte de sortie de secours, les cuisses s'ouvriront alors pour laisser filer le train à vapeur.